Un peu d'histoire

Au début du siècle, la proportion d'immigrés en Languedoc-Roussillon est faible et proche de la moyenne nationale. La population immigrée est alors composée de personnes en provenance de pays limitrophes : Espagne, Italie. Après la première guerre mondiale, les arrivées s'accroissent fortement pour atteindre un point culminant en 1931. Elles sont encore renforcées par l'arrivée de réfugiés politiques espagnols après l'instauration du franquisme.

Les immigrés s'installent de préférence à proximité de leur pays : la région se détache alors de la moyenne nationale en termes de part de population de nationalité étrangère. Au début des années soixante, la France, en plein essor économique, a besoin de bras et ouvre largement ses portes à l'immigration. Le nombre d'immigrés en France s'accroît alors de 20 % entre 1968 et 1975. Pour le Languedoc-Roussillon, la progression est plus modérée (3 %) (voir le graphique).

En juillet 1974, le ralentissement de la croissance économique conduit le gouvernement à décider l'arrêt de l'immigration, sauf dans le cas de regroupement familial. Dans la région, cette mesure se traduit par une baisse du nombre d'immigrés. Depuis le début des années 80, le mouvement d'immigration s'oriente de nouveau à la hausse, mais de façon modérée : + 970 personnes par an entre 1982 et 1990, + 790 entre 1990 et 1999.

L'origine de la migration a également changé. Les immigrés en provenance d'Espagne ont laissé la place à une immigration plutôt d'origine maghrébine, composée majoritairement de personnes en provenance du Maroc.

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Une croissance moins rapide que celle de la population régionale

Sur la période récente (1990-1999), le nombre d'immigrés a augmenté de 7 000 environ. Avec un rythme de croissance de + 3,6 %, la progression de la population immigrée est moins rapide que celle de l'ensemble de la population régionale (+ 8,5 %). Par voie de conséquence, la part des immigrés dans la population diminue.

Le mouvement d'évolution varie sensiblement selon les origines. Il en résulte une différence entre les immigrés ayant acquis la nationalité française et ceux qui ont gardé leur nationalité : la croissance du nombre des immigrés ayant gardé leur nationalité d'origine est plus faible que celle des immigrés devenus Français (+ 2,2 % contre + 5,4 %) (voir le graphique).

Au cours de la période 1968 à 1999, l'augmentation de la population issue de l'immigration a été moins rapide que la croissance démographique d'ensemble. Ainsi, alors qu'au cours des 30 dernières années, la population régionale a crû de 38 %, le nombre d'immigrés n'a progressé que de 9 %. De ce double mouvement résulte une baisse progressive de la part des immigrés dans la population régionale.

L'évolution de la population immigrée résume deux tendances opposées : une baisse de 9 % de la population immigrée restée étrangère et une augmentation de 46 % des immigrés devenus Français par acquisition. La diminution du nombre d'immigrés restés étrangers s'explique par la réduction du flux de nouvelles arrivées sur le territoire français, réduction impulsée par les pouvoirs publics et conjuguée à l'assouplissement des conditions d'obtention de la nationalité française ; cette dernière mesure conduit également à l'accroissement du nombre d'immigrés ayant acquis la nationalité française (voir le graphique).

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Une évolution globale proche de l'évolution française

Au cours de la période 1990-1999, l'évolution en valeur relative du nombre d'immigrés en Languedoc-Roussillon ne s'est guère démarquée de l'évolution observée au niveau national et la région se situe en 9 ème position des régions françaises quant à son taux d'évolution. En effet, la population immigrée s'est plus rapidement développée dans des régions où elle était plutôt faible : Bretagne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes. Le rythme de croissance a également été élevé en Alsace, Limousin et en Ile-de-France.

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Une évolution différente pour les immigrés devenus français

Le nombre d'immigrés devenus français par acquisition s'est accru presque partout dans l'Hexagone. Des différences importantes apparaissent au niveau régional. En effet, le nombre d'immigrés devenus français a progressé presque quatre fois moins vite dans la région qu'en moyenne nationale. Le taux observé (5,4 %) est un des plus bas des régions françaises.

A contrario, entre 1990 et 1999, le nombre d'immigrés restés étrangers s'est accru en Languedoc-Roussillon alors qu'il diminuait à l'échelon national. Sept régions seulement ont enregistré une progression.

Les augmentations les plus importantes s'observent sur la moitié ouest du territoire français. En Languedoc-Roussillon, deux départements progressent de façon soutenue : le Gard et l'Hérault.

Le nombre d'immigrés restés étrangers a diminué dans la majorité des départements français. L'Aude, la Lozère, et les Pyrénées-Orientales se situent dans la tendance générale. Les pertes sont plus importantes dans l'Aude et la Lozère. Le Gard, mais surtout l'Hérault avec une croissance de 9,7 %, font exception, tout particulièrement parmi les départements du pourtour méditerranéen (voir le graphique).

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