En 1999, le Languedoc-Roussillon compte près de 128 000 ménages dont la personne de référence, ou son conjoint, est immigrée. Ces ménages immigrés représentent 13 % de l'ensemble des ménages de la région. L'ensemble des personnes vivant dans un ménage immigré constituent une population de 355 600 personnes. Dans cette population, seules 54 % des personnes sont des immigrées. Ainsi, la notion d'immigration recouvre plus d'individus que les seuls immigrés eux-mêmes : 16 % des habitants de la région vivent dans un ménage immigré, alors que seuls 9 % de la population régionale est immigrée (voir le tableau).
Dans la région, comme dans l'ensemble des régions françaises, la taille moyenne des ménages immigrés est supérieure à celle de l'ensemble des ménages : respectivement 2,8 personnes et 2,3 personnes par logement. Cependant, en Languedoc-Roussillon, la taille des ménages immigrés est plus petite que celle constatée au niveau national qui compte 3 personnes en moyenne par ménage.
Le vieillissement plus marqué des immigrés languedociens constitue un élément explicatif : plus âgés, ils vivent plus souvent seuls ou sans enfants.
Seuls les ménages dont la personne de référence (ou son conjoint) est originaire du Portugal, de l'Algérie ou du Maroc comptent en moyenne plus de 3 personnes. Dans ces deux dernières populations, en toute logique, la part des ménages composées de six personnes ou plus est plus élevée que pour l'ensemble des ménages immigrés. Par contre, ce n'est pas le cas pour les ménages immigrés originaires du Portugal ; moins de 4 % d'entre eux comptent six personnes ou plus, alors que cette proportion est de 7 % pour l'ensemble des ménages immigrés, toutes origines confondues (voir le graphique).
Plus des deux tiers des ménages immigrés sont constitués d'un couple (avec ou sans enfant). Dans l'ensemble de la population régionale, cette proportion est de 57 % (voir le graphique).
A l'inverse, moins d'un ménage immigré sur quatre est composé d'une personne seule, alors que cette proportion est de presque un ménage sur trois pour l'ensemble de la population régionale (voir le graphique).
La proportion de familles immigrées monoparentales est proche de celle l'ensemble des ménages de la région (respectivement 7,4 % et 9 %).
La proportion des ménages composés de plusieurs personnes qui cohabitent sans partager de lien familial, est quasiment la même pour les ménages immigrés que pour l'ensemble des ménages de la région, elle est légèrement supérieure à 2 %. Ce sont les ménages immigrés originaires d'Afrique hors Maghreb qui sont le plus fréquemment dans cette situation (4,7 %).
En Languedoc-Roussillon, environ 52 000 personnes vivent hors ménage , c'est-à-dire dans des collectivités de type foyer de travailleurs, hôpital, maison de retraite... ou dans des habitations mobiles. Elles constituent 2,3 % de la population totale régionale. Parmi les immigrés, 8 300 personnes sont dans cette situation, elles représentent 4,0 % de l'ensemble de la population immigrée de la région. Ce cas de figure est plus rare pour les immigrés devenus français (1,9 %) que pour ceux qui ont conservé leur nationalité d'origine (5,7 %) (voir le tableau).
En 2002, de nombreuses institutions se sont engagées auprès du FASILD pour contribuer à la réalisation d'une enquête épidémiologique, qui a permis de caractériser la population des immigrés isolés de 50 ans et plus. En Languedoc Roussillon on estime à 11 500 l'effectif de cette population, soit 6,4 % de la population régionale isolée de même tranche d'âge. Cette population est concentrée dans certaines zones géographiques : près de la frontière espagnole, de la vallée du Rhône et de Montpellier et Nîmes. On compte 40 % d'immigrés originaires d'Espagne, 27 % d'autres pays de l'Union Européenne et 26 % d'Afrique du Nord. Ce travail a permis d'orienter les décisions de la politique gérontologique en direction de cette population, et de mettre en place des actions concrètes, notamment dans le domaine de l'information et l'accompagnement de ces populations.