Le profil des immigrés de la région est très différent, en terme d'origine, du profil moyen français. Mais le paysage régional est loin d'être uniforme. Ainsi les immigrés nés en Espagne représentent la moitié des immigrés des Pyrénées-Orientales, alors qu'ils ne sont que 9 % parmi les immigrés lozériens. L'éloignement du pays natal joue pleinement, l'Aude est le second département qui comprend le plus de natifs d'Espagne au sein de sa population immigrée devant l'Hérault puis le Gard.
Les immigrés originaires du Maroc, second groupe par ordre d'importance en Languedoc-Roussillon, sont présents dans les cinq départements, mais sont toutefois trois fois plus nombreux dans le Gard que dans les Pyrénées-Orientales. Les immigrés en provenance d'Algérie constituent de 10 à 14 % des immigrés dans tous les départements sauf en Lozère où ils sont très peu nombreux.
La Lozère se démarque par la présence d'une population immigrée à 38 % en provenance du Portugal, alors que cette part se situe entre 3 et 6 % dans les autres départements.
La population originaire d'Italie est peu présente dans les Pyrénées-Orientales alors qu'elle constitue 5 à 9 % de la population immigrée des autres départements (voir carte).
72 % des immigrés vivent dans l'espace urbain. Mais si on rapporte le nombre d'immigrés à l'ensemble de la population, les proportions d'immigrés résidant dans l'espace rural ou dans l'espace urbain sont comparables : 8,7 % contre 9,0 %.
Les immigrés se sont davantage installés dans l'espace rural languedocien que dans l'espace rural des autres régions françaises.
Au niveau national, seulement 3 % des immigrés habitent en milieu rural. En Languedoc-Roussillon cette part atteint 28 %.
Au sein même de chacun des espaces la répartition est loin d'être homogène. Une première différentiation existe entre les aires urbaines. Ainsi la population de l'aire urbaine de Beaucaire comprend-elle 15,5 % d'immigrés alors que celle d'Alès n'en compte que 6,5 %. Outre Beaucaire, trois aires urbaines de la région abritent plus de 10 % d'immigrés : Perpignan, Lunel et Castelnaudary. A l'opposé les immigrés sont moins nombreux à Alès, Mende et Sète (voir le graphique).
.Ainsi la ville de Montpellier compte-t-elle 12,6 % d'immigrés parmi sa population, Nîmes 10,5 %, Béziers 10,4 %, Carcassonne 10,1 % et Castelnaudary 14,2 %. Dans la proche périphérie des grandes villes la population immigrée est en général moins présente. L'aire urbaine de Perpignan fait exception, la population immigrée étant répartie de façon presque homogène sur tout le territoire départemental (voir carte).
L'espace rural est très différencié d'un département à l'autre. Les plus fortes proportions d'immigrés se trouvent dans les Pyrénées-Orientales. La part d'immigrés dans la population des zones rurales y est supérieure à 10 %. Ces proportions s'expliquent en partie par la proximité de l'Espagne. Continuité territoriale, les immigrés originaires de ce pays habitent également fréquemment, quoique dans une moindre mesure, dans la campagne audoise (littoral et ouest du département excepté). D'autres espaces ruraux sont également marqués par une forte présence immigrée ; ce sont les régions viticoles de l'Hérault, ainsi que les territoires réservés aux cultures maraîchères et arboricoles au sud de Nîmes et dans la vallée du Rhône.
Dans l'espace rural, la présence d'immigrés est très liée au type d'agriculture pratiquée : elle est en effet plus importante quand l'agriculture fait appel au salariat (culture de la vigne, des fruits et des légumes). Au moment des récoltes, les saisonniers viennent s'ajouter aux résidents permanents.
Le territoire rural est partagé en deux selon l'origine des immigrés. Les immigrés d'origine espagnole sont sur-représentés dans la partie sud-ouest : Pyrénées-Orientales, Aude, ouest et nord de l'Hérault. Ceux d'origine maghrébine, et plus particulièrement marocaine, dans la partie nord-est du Gard. Ceci est également vrai pour les pôles urbains (voir les cartes).