Préambule : Dans cette étude, sont considées comme chômeurs les personnes qui se sont
déclarées "chômeurs" lors du recensement de la population. Elles peuvent être inscrites ou
non à l'ANPE.
De la même façon, le taux de chômage présenté ici est un taux de chômage au sens du
recensement. Il correspond au pourcentage de chômeurs (déclarés au recensement) dans la
population active.
Dans la région, en 1999, 29 % de la population active immigrée est à la recherche d'un emploi, soit 25 100 chômeurs. Ce taux de chômage est supérieur de 7 points à la moyenne nationale. La région se classe ainsi au quatrième rang, derrière le Nord-Pas-de-Calais, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et la Haute-Normandie.
Dans la région, les chômeurs immigrés restés étrangers sont deux fois plus nombreux que les chômeurs immigrés devenus français. Les taux de chômage sont, respectivement, de 34 % et 22 % pour ces deux nationalités.
Les immigrés sont proportionnellement plus touchés par le chômage que l'ensemble des languedociens : en 1999 leur taux de chômage est de 29 % contre 19 % pour l'ensemble de la population régionale.
Comme pour l'ensemble de la population, les jeunes immigrés sont proportionnellement les plus touchés. Les moins de 25 ans affichent un taux de chômage de 40 % pour les immigrés, et 34 % pour l'ensemble des actifs. Ensuite, le chômage recule aux âges de pleine activité (voir le graphique).
Globalement, le différentiel de taux de chômage entre les immigrés et l'ensemble de la population s'est accentué à partir de 1975 pour atteindre plus de 10 points en 1999. Ainsi, en un quart de siècle, le taux de chômage des immigrés a été multiplié par plus de 5 (voir le graphique).
L'aggravation du chômage pour les immigrés s'explique par le fait qu'ils ont un niveau d'études plus bas. Elle est due aussi à la situation économique difficile des secteurs où ils exercent leur activité : industrie, agriculture.
Les immigrés natifs d'Afrique sont les plus touchés, notamment ceux du Maroc et d'Algérie. Pour ces derniers, les taux de chômage atteignent 44 %. Par contre, les immigrés natifs d'un des pays d'Europe sont les moins exposés. Leurs taux de chômage sont inférieurs à la moyenne régionale.
Les immigrés natifs d'Espagne comme ceux du Portugal ont des taux de chômage parmi les plus faibles (15 %). Pour les immigrés natifs d'Espagne, c'est le fait d'un âge moyen plus élevé (voir les graphiques).
Les chômeurs, immigrés ou non, ont plus souvent un niveau d'études équivalent à une fin de collège, à un CAP ou à un BEP. Comme pour le reste de la population, le taux de chômage des immigrés diminue quand le niveau d'études augmente. Paradoxalement, l'écart de taux de chômage entre population totale et population immigrée augmente quand le niveau de diplôme est relativement élevé.
Les taux de chômage les plus élevés sont enregistrés pour les immigrés exerçant les métiers d'employés administratifs d'entreprise (42 %), d'employés de commerce (40 %) et d'ouvriers qualifiés (37 %).
Dans la plupart des catégories socioprofessionnelles, les immigrés, sont davantage touchés par le chômage que l'ensemble de la population régionale. Seulement deux catégories leur sont moins défavorables : celle des artisans et celle des ouvriers agricoles (voir le graphique).
A l'opposé, le différentiel de taux de chômage entre les immigrés et l'ensemble de population est plus marqué pour les agriculteurs exploitants (21 points d'écart).
Dans la majorité des aires urbaines de la région, le taux de chômage est plus élevé pour les immigrés que pour l'ensemble de la population.
Trois aires urbaines concentrent plus de la moitié des chômeurs immigrés. La plus importante est l'aire de Montpellier où 26 % des chômeurs immigrés résident, ensuite 14 % dans celle de Nîmes et 12 % dans l'aire de Perpignan.
Cependant ce sont dans les aires de Lunel, Beaucaire, Alès ou Nîmes que les immigrés ont plus de mal à trouver un emploi. Leurs taux de chômage y dépassent 35 %. Par contre, les immigrés ont plus de chance de trouver un emploi dans les aires de Castelnaudary, Mende où seulement un actif immigré sur dix est sans emploi (voir le graphique).