En Languedoc-Roussillon, la population active immigrée comprend 86 000 personnes (personnes de 15 ans et plus qui ont un emploi ou qui en recherchent un), soit 9 % des actifs de la région. Les immigrés actifs restés étrangers sont à peine plus nombreux que les immigrés devenus français.

Un taux d'activité plus faible pour les immigrés

Le taux d'activité des immigrés est plus faible que celui de l'ensemble de la population régionale. En effet, les actifs représentent 44 % de la population immigrée âgée de 15 ans et plus, contre 50 % de l'ensemble de la population régionale aux mêmes âges (voir le graphique).

De plus le taux d'activité des immigrés est le plus faible des régions françaises. Seule, la région du Nord-Pas-de-Calais se situe au même niveau, le taux global de chômage y étant très élevé comme en Languedoc-Roussillon.

Rappelons également que le Languedoc-Roussillon affiche dans son ensemble un taux d'activité très faible par rapport aux autres régions métropolitaines.

Globalement la population des immigrés devenus français affiche un faible taux d'activité (41,3 %). Pourtant, de 15 à 59 ans, à tous les âges leur taux d'activité est toujours plus élevé que celui des immigrés restés étrangers. En moyenne, leur taux d'activité est de 75 % entre 15 et 59 ans. Les personnes de 60 ans et plus qui représentent près de la moitié des immigrés devenus français et qui affichent des taux d'activité très faibles tirent le taux d'activité global des immigrés devenus français vers le bas. Les immigrés devenus français sont en effet globalement plus âgés et ont donc plus souvent quitté la vie active. Finalement, le comportement d'activité des immigrés devenus français est très similaire à celui de l'ensemble de la population régionale.

A l'inverse, le taux d'activité des immigrés restés étrangers est très inférieur à celui de l'ensemble de la population à tous les âges. Il est en moyenne de 60 % entre 15 et 59 ans (voir le graphique).

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L'évolution du taux d'activité des immigrés se rapproche de celle de la population régionale

Durant la dernière décennie, le comportement d'activité des immigrés a peu évolué, comme celui de l'ensemble de la population régionale. Cela n'a pas toujours été le cas : peu avant le changement de politique d'immigration décidé par le gouvernement en 1974, l'entrée dans la vie active des immigrés s'est ralentie. Leur taux d'activité a diminué de 3 points entre 1968 et 1975. Puis, entre 1975 et 1982, ce mouvement de décroissance s'est poursuivi, mais un peu plus lentement. A partir de 1982, l'évolution est similaire pour les immigrés et l'ensemble de la population, l'écart de taux d'activité se maintient (voir le graphique).

Sur l'ensemble de la période, ces évolutions sont essentiellement dues au recul de l'activité masculine et à l'augmentation de l'activité des femmes. En effet, l'activité des hommes n'a cessé de se réduire depuis 1968 et la décroissance s'est avérée encore plus marquée pour les hommes immigrés, du fait de leur vieillissement. Ainsi, pour l'ensemble de la population masculine, entre 1968 et 1999, le taux d'activité est tombé de 69 % à 57 % (- 12 points). Pour les hommes immigrés, il est passé de 73 % à 55 % (- 18 points) (voir le graphique).

La baisse de l'activité masculine est compensée par l'entrée, de plus en plus fréquente, des femmes dans le monde du travail. Le taux d'activité des femmes immigrées est passé de 15 % à 33 % (+ 18 points), celui de l'ensemble des femmes de 23 % à 44 % (+ 21 points). A partir de 1975, la croissance de l'activité des femmes immigrées s'accélère par rapport à celle de l'ensemble des femmes, mais pas assez pour rattraper le retard.

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Les inactifs : une proportion moins élevée d'élèves ou étudiants

Au sein de la population immigrée âgée de 15 ans et plus, 111 000 personnes sont inactives (étudiants, personnes au foyer, retraités). Les immigrés constituent 12 % de l'ensemble de la population inactive en Languedoc-roussillon, alors qu'au niveau national, cette proportion est de 9 %. De ce point de vue, la région se classe au troisième rang derrière l'Ile-de-France et PACA.

La population immigrée inactive en Languedoc-Roussillon comprend surtout des retraités (46%) et des personnes sans activité (42 %), essentiellement des femmes au foyer. La proportion des élèves ou des étudiants n'est que de 12 % (voir le graphique).

Dans l'ensemble des inactifs de la région, les proportions diffèrent : la part des retraités est un peu plus élevée (49 %), par contre celle des personnes sans activité est moindre (29 %) et les élèves ou étudiants sont beaucoup plus présents (22 %).

Parmi les élèves et étudiant immigrés, 82% ont toujours leur nationalité d'origine (contre 55 % dans l'ensemble de la population immigrée). Le Languedoc-Roussillon est, en effet, une région attractive pour les étudiants et notamment pour les immigrés en 3ème cycle d'étude (voir le graphique).

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