Dans la région, en 1999, 33 400 femmes immigrées ont un emploi ou en recherchent un. Elles constituent 7,6 % de l'ensemble des femmes actives de la région. Elles sont bien sûr beaucoup moins nombreuses que leurs homologues masculins (52 900 hommes immigrés actifs). La population immigrée active est ainsi constituée de 61 % d'hommes et de 39 % de femmes.
Un peu plus d'un tiers des femmes immigrées sont actives (33,5 %) contre 43,6 % de la population féminine régionale, soit un écart d'environ 10 points. Au niveau national, le taux d'activité des femmes immigrées est de 45,7 % et l'écart avec l'ensemble de la population féminine métropolitaine est de seulement 3 points.
Le taux d'activité des femmes immigrées progresse pratiquement comme celui de l'ensemble des femmes : le premier a progressé de 18 points en trente ans et le second de 21 points. Notons qu'à l'inverse, au cours des même trente années, l'activité des hommes immigrés n'a cessé de se réduire, leur taux d'activité est passé de 73 % à 55 %. Il en est de même pour l'ensemble de la population masculine active dont le taux est passé de 69 % à 57 %.
L'activité des femmes immigrées diffère selon les vagues d'immigration ; plus âgées, les femmes d'immigration ancienne sont moins actives que celles d'immigration récente.
L'activité diffère aussi selon les origines. Ainsi, les plus actives sont les femmes immigrées natives du Portugal, dont le taux d'activité est de 59 %. Puis viennent celles originaires du Cambodge, Laos et Vietnam (48 %) et celles originaires d'Algérie (41 %).
L'activité des femmes immigrées issues du Maroc correspond à la moyenne des femmes immigrées. Néanmoins, entre 25 et 40 ans, leur taux activité chute et reste inférieur à celui des autres femmes (voir le graphique).
A tous les âges de pleine activité, entre 25 et 60 ans, le taux d'activité des femmes immigrées est plus faible que celui de l'ensemble de la population féminine. Mais, tandis que celui des femmes devenues françaises se rapproche de la population totale féminine, celui des immigrées restées étrangères s'en éloigne à partir de 30 ans (voir le graphique).
Près de 22 000 femmes immigrées de la région occupent un emploi en 1999 dans la région. Ainsi, parmi les femmes immigrées actives, 66 % travaillent (les autres étant à la recherche d'un emploi), alors que cette proportion est de 78 % pour l'ensemble de la population active féminine de la région (voir le tableau).
Les femmes immigrées occupent 6,4 % des emplois féminins de la région alors qu'elles représentent 7,6 % de la population féminine active. Les femmes immigrées ont donc davantage de difficultés pour trouver un emploi que l'ensemble des femmes de la région, mais aussi davantage de difficultés que leurs homologues masculins. Notons ici que les hommes immigrés occupent 9 % des emplois masculins de la région alors qu'ils constituent 10 % de la population masculine active. De plus, lorsqu'elles occupent un emploi, celui-ci est plus fréquemment précaire que pour l'ensemble des femmes de la région (cf. précarité chômage).
Les emplois des femmes, qu'elles soient immigrées ou pas, relèvent plus souvent de la catégorie socioprofessionnelle des employées. Cependant, dans la population immigrée, les femmes sont davantage employées comme personnel de services directs aux particuliers (2 emplois sur 10). Dans l'ensemble de la population, les femmes sont plus fréquemment employées dans des administrations d'entreprises ou employés de la fonction publique (1 emploi sur 3) (voir le graphique).
Les catégories d'emploi des femmes immigrées varient selon les pays de naissance. A titre d'exemple, les femmes immigrées originaires du Portugal sont plus souvent employées dans les services directs aux entreprises et comme ouvrières agricoles. Les femmes immigrées d'un autre pays d'Europe, d'Asie, d'Amérique et d'Océanie sont relativement plus présentes dans les professions intermédiaires de l'enseignement, dans les professions intellectuelles supérieures ou parmi les cadres. (voir le graphique).