L'immigration répondant avant tout à un appel de main-d'œuvre masculine, les femmes ont
longtemps été moins nombreuses que les hommes dans la
population immigrée.
Avant 1974, l'évolution de l'immigration féminine et masculine se fait au même rythme,
même si les hommes sont toujours plus nombreux que les femmes à arriver dans la région
(voir les graphiques).
A compter de 1974, le ralentissement de la croissance économique conduit le gouvernement à
freiner l'immigration, sauf dans le cas du regroupement familial. Seuls, les travailleurs
de la communauté économique européenne (CEE) sont libres de circuler dans les pays du marché commun.
Dès lors, hommes et femmes immigrés deviennent moins nombreux dans la région. La baisse est
beaucoup plus marquée pour les hommes que pour les femmes avec, respectivement, - 3,3 % et
- 0,5 % entre 1975 et 1982. D'autre part, elle concerne davantage les hommes arrivant des
pays hors CEE.
A partir de 1982, la population immigrée augmente à nouveau, de façon un peu plus marquée pour les femmes que pour les hommes. C'est entre 1990 et 1999 que la différence de progression est la plus forte : le nombre de femmes immigrées dans la région augmente de + 7 % quand celui des hommes stagne (+ 0,2 %).
C'est seulement en 1999 que les femmes immigrées deviennent plus nombreuses que les hommes. L'augmentation de la population immigrée totale durant la dernière décennie est donc le fait des femmes (voir le graphique).
En trente ans, le nombre de femmes immigrées d'origine espagnole a été réduit presque de moitié. En 1968, elles étaient plus nombreuses qu'aujourd'hui et trois femmes immigrées sur quatre étaient d'origine espagnole. L'amélioration de la situation économique du pays a entrainé une baisse de l'immigration vers la France et a également favorisé le retour au pays. En 1999, elles restent les plus nombreuses mais ne représentent plus qu'une femme immigrée sur trois (voir le graphique).
Parallèlement, la population immigrée d'origine italienne, moins nombreuse au départ, a suivi la même évolution. En 1968, elle constituait 12 % de la population féminine immigrée de la région, trente ans après, elle ne représente plus que 6 % des immigrées.
C'est la population féminine immigrée d'origine marocaine qui affiche la plus forte croissance en trente ans. En 1968, elles étaient environ 1 300 dans la région et en 1999, elles sont près de 19 000. Ainsi, leur nombre a été multiplié par 14,5 en 30 ans (voir le graphique).
En 1968, elles constituaient moins de 1,5 % de l'ensemble de la population féminine immigrée, 30 ans plus tard, elles en constituent presque 20 %. Néanmoins, elles restent moins nombreuses que les femmes immigrées d'origine espagnole.
Parallèlement, le nombre des femmes immigrées d'origine algérienne a été multiplié par 7 en trente ans. L'essentiel de cette progression s'est faite avant 1975 alors que celle des femmes d'origine marocaine s'est effectuée de façon continue pendant l'ensemble de la période.
Quand le nombre de femmes immigrée d'origine espagnole diminue de 50 % en trente ans, celui des hommes de même origine diminue de 60 %. De la même façon, quand le nombre de femmes immigrées d'origine marocaine est multiplié par 14,5, celui des hommes est multiplié par 10,5 (voir le graphique).
Au final, l'augmentation de la population féminine immigrée est principalement induite par celle des femmes immigrées originaires du Maroc.