En 1999, 104 000 femmes immigrées résidaient en Languedoc-Roussillon, soit 8,7 % de la population totale féminine. Avec cette proportion, supérieure au niveau national (7,1 %), le Languedoc-Roussillon se situe comme une des régions où les femmes immigrées sont relativement nombreuses. Elle se classe au troisième rang derrière deux régions : l'Ile-de-France et Provence-Alpes-Côtes d'Azur. En nombre, elle se classe au quatrième rang derrière les trois régions les plus peuplées : l'Ile-de-France, Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côtes d'Azur.
Dans la région, 49 % des femmes immigrées sont devenues françaises, contre 40 % pour les hommes. Rappelons ici que l'acquisition de la nationalité française concerne davantage les populations issues des migrations anciennes.
En 1999, les femmes immigrées sont à peine plus nombreuses que les hommes (2 500 de plus).
Par contre, dans la population ayant acquis la nationalité française, la différence est
beaucoup plus marquée (55 femmes pour 45 hommes), et notamment parmi les immigrés venues
d'Europe (57 femmes pour 43 hommes).
A l'inverse, elles sont encore minoritaires parmi les immigrés restés étrangers, d'immigration plus récente, et qui n'ont pas toujours réalisé un regroupement familial. Ce sont principalement des femmes originaires des pays du Maghreb, en particulier les marocaines (voir le tableau).
Plus de la moitié des femmes immigrées est native d'Europe et essentiellement d'un pays de l'ancienne délimitation de l'Union Européenne à 15. Les femmes immigrées originaires d'Espagne sont les plus nombreuses, elles représentent le tiers de la population féminine immigrée. Ce pays limitrophe a beaucoup participé aux premières vagues d'immigration. Les originaires d'Italie et du Portugal sont moins nombreuses, leur part est proche de 5 %.
Plus du tiers des immigrées sont originaires d'Afrique : elles viennent principalement d'un des pays du Maghreb (Maroc : 20 %, d'Algérie : 12 %).
Les immigrées originaires d'Asie ou d'Amérique et d'Océanie sont très peu nombreuses.
Au niveau national, le classement diffère quelque peu : les pays d'origine sont d'abord le Portugal ensuite l'Algérie, le Maroc puis l'Italie et l'Espagne (voir le graphique).
En Languedoc-Roussillon, les femmes immigrées sont en moyenne beaucoup plus âgées que l'ensemble de la population féminine régionale : 50 ans contre 42 ans (voir le graphique).
Cette moyenne d'âge plus élevée s'explique par la moindre présence des nouvelles générations, conjugué à un vieillissement plus prononcé de la population immigrée (voir le graphique).
En effet, les enfants sont peu nombreux au sein de la population immigrée puisque, par définition, les enfants d'immigrés nés en France ne font pas partie de la population immigrée. Ainsi, en 1999, les jeunes femmes immigrées de moins de 20 ans ne représentent que 7 % de l'ensemble de la population féminine immigrée, alors qu'elles sont 22 % dans l'ensemble de la population féminine de la région (voir le tableau).
A l'inverse, les femmes immigrées de plus de 30 ans sont proportionnellement plus nombreuses. Cette caractéristique n'est pas une spécificité féminine, elle concerne autant les hommes que femmes. Le vieillissement de la population immigrée est plus marqué que celui de l'ensemble de la population car les grandes vagues d'immigration dans la région sont relativement anciennes. Ainsi, une immigrée sur six a plus de 75 ans, contre une sur neuf pour l'ensemble de la population féminine de la région. Cette proportion est double pour les immigrées devenues françaises (21 % ont 75 ans et plus).
Les immigrées natives d'Espagne, les plus nombreuses, sont globalement plus âgées, elles ont en moyenne 13 ans de plus que l'ensemble des femmes immigrées.
Les femmes originaires d'Italie sont encore plus âgées, 67 ans en moyenne. La moitié d'entre elles a plus de 70 ans. A contrario, les immigrées natives du Maroc, d'Algérie et du Portugal sont plus jeunes : leurs âges moyens s'élèvent respectivement à 36 ans, 46 ans et 40 ans. Ainsi, parmi les moins de 20 ans, les originaires du Maroc sont de loin les plus nombreuses (39 %).
Les femmes immigrées en Languedoc-Roussillon ont en moyenne 4 ans de plus que l'ensemble des femmes immigrées des régions françaises.